Le NOUVEL ACHAT

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mercredi, mars 6 2013

Directive TVA, une transposition à risque pour la facture électronique ?

A l’occasion du forum National sur la facturation électronique qui s’est tenu à Bercy le 1er mars, la DGCIS et la DGFiP (*) font le point sur le chantier de transposition de la directive TVA. La DGFIP poursuit son toilettage des textes mesurant les impacts sur tout le corpus réglementaire. Les quatre groupes de travail réunissant opérateurs et instances représentatives des utilisateurs dont le MEDEF remettent leurs conclusions et s’interrogent sur les risques d’une réforme jugée contraignante pour les entreprises.

Le point de vue de l’administration fiscale
La directive TVA 2010 /45/UE adoptée par le Conseil d’Etat le 13 juillet 2010 qui vient modifier la directive 2006/112/CE du 28 novembre 2006 (dite directive TVA) en ce qui concerne les règles de facturation, accuse déjà un retard par rapport à une transposition prévue au plus tard le 31 décembre 2012. Cette directive répond à plusieurs objectifs . Simplifier avant tout mais aussi, lutter contre la fraude fiscale et améliorer les conditions de sécurité des échanges au sein du marché intérieur. La directive TVA introduit aussi une nouvelle voie pour la facture électronique avec la piste d’audit fiable qui vient compléter le dispositif prévu à l’article 289-V et 289 bis du code général des impôts.

Le forum National sur la facture qui s’est tenu le 1er mars marque l’entrée de la transposition dans sa troisième phase « législative » avec la préparation de trois textes, deux décrets (simple et conseil d’Etat) et un arrêté. Poursuivant le travail de concertation et de pédagogie, la DGFIP a beau rappeler que l’esprit de la directive est un savant équilibre entre simplification et sécurisation face aux risques de fraude, elle peine toutefois à convaincre les instances représentatives et les opérateurs de services présents des vertus d’une réforme jugée trop contraignante pour les entreprises.

A la décharge de l’administration fiscale, la transposition qui nécessite encore une bonne dose ce concertation, n’est pas une affaire simple. La DGFiP note que cette transposition soulève au moins deux grandes difficultés. La signature électronique avancée reposant sur un certificat qualifié, en option dans la directive TVA de 2006, en renforçant les exigences de sécurité (article 232-a) devient une obligation dans la directive 2010. L’administration fiscale bien consciente du problème, insiste sur la dissociation des grandes fonctions, intégrité, confidentialité et authentification de la signature électronique, rappelées dans le projet à d’article 289-5. Elle se veut rassurante sur le fait que la nouvelle rédaction va bien sûr renforcer les exigences, sans aboutir pour autant à rendre obligatoire une signature de niveau 3. Elle autorisera aussi une signature « en masse » des documents à l’aide d’un cachet serveur par exemple, qui ne nécessite pas une identification systématique par code PIN.

Un deuxième sujet tient à la problématique de dissymétrie des modes de sécurisation entre l’émetteur de la facture et le destinataire. Alors que le principe est que la liberté de choix prévaut et que rien n’est imposable au destinataire. Ce dernier est pourtant soumis de facto à des obligations de contrôle de signature électronique et de stockage dans le format original (projet d’articles 289-6 et 289-7) en grande partie dictées par le choix de l’émetteur. Tout cela risque fort de décourager les PME et TPE de la moindre velléité de dématérialisation.

La piste d’audit n’est pas perçue comme un vecteur de simplification mais plus comme un moyen supplémentaire de contrôle. Les interrogations techniques sur la mise en place d’une telle piste d’audit restent loin d’être levées. Théoriquement, une facture PDF se verrait ainsi dispensée de signature électronique en présence d’une piste d’audit fiable. La DGFiP note au passage que le chemin de révision comptable, bien qu’étant une composante essentielle de la piste d'audit (assurant le lien avec la réalité économique de la livraison) n'est pas jugée suffisant car il ne recoupe pas absolument la piste d’audit en cas de perte de données entre différentes applications, par exemple. Cette piste d’audit devra par ailleurs être documentée par l’entreprise. Cette exigence est proportionnée au type d'entreprise (pour les TPE, la simple description des modes de recoupement effectués manuellement pourrait suffire ).

Le délai de conservation de 6 ans pour la facture papier est identique pour la facture électronique mais avec obligation de conservation 3 ans en original et possibilité dans un autre format les 3 années suivantes.

L’émetteur, devra impérativement recourir à un dispositif d’archivage électronique (SAE) capable d’assurer la conservation et l’intégrité de l’original transmis et le destinataire devra le conserver dans le format de réception. Cette règle est étendue à la piste d'audit. Les dispositions concernant la restitution restant inchangées. Les conditions de stockage sont par ailleurs assouplies en cas de stockage dans un pays tiers.

L’administration fiscale assortit ces moyens de contrôle (art L80 FA du livre de procédures fiscales), de sanctions en cas de défaut de fiabilité de la piste d’audit (et ouverture d’un droit d’enquête). Cela a des conséquences sur la politique d’archivage. Si pour l'émetteur, les factures ne sont plus des factures d'origine, la TVA est due et la déduction est susceptible d'être remise en cause chez le récepteur (seulement en cas d'absence de piste d'audit ou en cas de complicité démontrée).

Facture électronique ou fracture numérique ?

Les attentes des entreprises pourraient paraître très éloignées de l’esprit de la directive. L’AFDEL s’interroge sur la valeur ajoutée de la dématérialisation dans un tel contexte. Les quatre groupes de travail ayant planché sur l’impact du dispositif pour les utilisateurs et dont le propos était respectivement, de mesurer l’évolution du marché de la facturation électronique et le niveau d'adoption (GT1) d’étudier les modalités pratiques inter et intra entreprises (GT2) d’analyser le cadre de la piste d'audit et l’environnement de la facture (GT3) et d’envisager les moyens de l’interopérabilité (GT4) remettent leurs conclusions.

Pour le GT1, une enquête portant sur quatre mois et 186 répondants, essentiellement des PME de moins de 100 salariés et d’un CA de moins de 5 M€, montre que le niveau de prise en compte de la dématérialisation reste globalement très marginal; 92% ne font que de la facture papier. Si elles devaient dématérialiser les factures elles préféreraient le PDF. Elles ne font généralement que répondre aux sollicitations du donneur d’ordres. Plus inquiétant, la compréhension de la dématérialisation et des exigences reste faible et révèle une confusion avec un envoi de facture par mail qui ne saurait en tout état de cause constituer une dématérialisation. L’aspiration est pourtant grande à simplifier globalement leurs processus. Certaines évoquent de façon beaucoup plus surprenante, l’utilisation les réseaux sociaux comme support de dématérialisation des factures (probablement le fait d’une nouvelle génération d’entrepreneurs).

Le GT2, souligne que les freins résultent en grande partie du décalage entre les attentes des fournisseurs et des grands donneurs d’ordres. Pour les PME, c'est un investissement subi plus que voulu et des gains de productivité ne sont pas pour elles mais pour leur client. Face à un environnement jugé très hétérogène la réponse est plutôt pour des solutions clé en main. Autre sujet de préoccupation, comment être sûr que la facture est parvenu à destination ? N’étant jamais assuré qu’une boîte mail est bien relevée, les entreprises s’inquiètent des risques de non acheminement par la voie électronique et font finalement plus confiance à voie postale. En conséquence, le processus de traitement papier semble plus sûr que dans le monde numérique où l’identité de l'entreprise n’existe pas (1).

Alors que la complexité et les incertitudes juridiques (notamment sur le contrôle de la piste d’audit) devraient faire pencher la balance plutôt pour une sécurisation par la voie électronique. Le MEDEF souligne que la transposition de la directive doit être vue comme une opportunité et non comme une contrainte par les entreprises. Et pour cela, l’administration doit veiller à respecter plusieurs conditions :

  • Avoir une approche technique pragmatique de la signature électronique et de l'EDI,
  • une meilleure information et sensibilisation sur l’intérêt de la piste d'audit, source de simplification (et non comme une capacité supplémentaire de contrôle)
  • recommander l'archivage numérique complet, supportant toutes les données de la piste d'audit (cohabitation de plusieurs processus)
  • Que l'Etat acheteur fasse la promotion des 3 voies (exemplarité et acceptation)
  • Renforcer les moyens de domiciliation numérique de l'entreprise (adresse électronique officielle) pour les échanges de confiance numérique,
  • la possibilité de facture mixte permettant la convergence des besoins entre acheteurs et vendeurs (facture mixte (PDF encapsulant un fichier XML) (2).

Le GT3 insiste sur la nécessité d’une piste d’audit capable de restituer chaîne des échanges client-fournisseur. De la même manière l’archivage soulève des questions de périmètre, de classement, de numérisation des pièces annexes. La capacité de dissymétrie ne doit pas non plus effacer les gains de la dématérialisation.

L’interopérabilité élargit le débat sur l’Europe

Le GT4 souligne l’importance de ne pas exclure ce débat d’une perspective européenne. Le « multistakeholder forum » européen sur la facture qui se tenait le 7 mars à Bruxelles, nous rappelle que l’interopérabilité doit aussi trouver sa place dans un cadre élargi. Le GT4 a identifié cinq grands thèmes pour l’interopérabilité. L’interopérabilité des données et des règles de gestion contenues dans la facture elle-même en s’appuyant sur les travaux du CEN (3) et du guide de la facture en Europe du CEFACT / ONU (3). Les questions d’interopérabilité de la facture hybride et la nécessité de reconnaissance de la facture originale avec l'exploitation des données structurées (copie fidèle et durable du papier) le rapporteur cite l’exemple du Luxembourg qui a su faire évoluer sa législation en la matière. Les travaux sur l’interopérabilité des plateformes des fournisseurs de services, se référant en la matière aux travaux de l’EESPA. Pour l’archivage, l’utilisation du standard SEDA semble tout à fait appropriée d’autant que l’AFNOR a en grande partie repris les travaux autour de ce standard d’échange de données archivistique (version 2.0) pour établir sa norme. Enfin l’interopérabilité des signatures qui reste un vrai sujet surtout s’il s’agit d’une signature avancée.

En conclusion le GT4 souligne l’existence d’un modèle économique pour l’interopérabilité. Sachant qu’il sera toujours plus avantageux pour l’entreprise de se référer à un modèle fondé sur des standards d’interopérabilité plutôt qu’à des systèmes propriétaires captifs et forcément hétérogènes. (4) Dans ce cadre le principe d’une labellisation ou d’attestations des systèmes de facturation électronique pourrait être utile pour guider le choix des entreprises.

En effectuant cette transposition de la directive TVA, l’administration fiscale a fait un remarquable travail d’analyse en prenant soin d’élaguer ce qui pouvait restreindre le champ de la facture électronique. Mais il reste beaucoup à faire quant aux modalités d’application, le « diable est dans les détails » comme toujours et au final rien ne saurait garantir l’adoption des entreprises. C’est pourquoi la DGFIP est fortement invitée par les différents groupes de travail à prendre en compte la principale attente des entreprises qui porte avant tout sur une simplification du dispositif. Et peut-être pour résumer, se bien garder de transposer seulement sans simplifier au passage.

__Mais finalement, avons nous encore le temps ? De son côté la Commission Européenne prépare le chantier de la future directive facture électronique et poursuit son travail de concertation dans le cadre du « multistakeholder forum » (5) autour d’un modèle de référence dont l’ambition est de constituer une synthèse des travaux sur le sujet. Elle indique aussi la voie avec PEPPOL qui se veut finalement un mode d’implémentation des standards de facturation.

Il est à craindre que la précipitation de l’agenda européen et le retard affiché par la France dans la transposition, interfèrent avec une réforme qui vise avant tout à la simplification. Dans un document dénommé « une stratégie pour la passation des marchés publics" (6) la Commission va même plus loin et appelle de ses vœux le " straight through e-procurement " ce qui se traduit par « dématérialisation de bout en bout » et constitue le but ultime en englobant dans la dématérialisation, toutes les phases de la procédure de notification (e-notification préalable) au paiement (paiement électronique) effectuée par voie électronique. Nous en sommes encore loin….

Thierry AMADIEU



(*) DGCIS "Direction Générale de la compétitivité de l'industrie et des services" - DGFiP "Direction Générale des finances publiques"

(1) Une des réponses apportée par le réseau PEPPOL est justement la problématique de l’adressage résolue en grande partie par un système d’identification unique du destinataire par son numéro de TVA, SIRET ou GLN dans un annuaire central SML « service metadata locator » qui permet de router les messages quelque soit la localisation physique du destinataire.

(2) Facture mixte : il est aussi possible de générer à l’inverse une facture structurée à partir d’un simple fichier PDF avec encapsulation possible de la facture PDF originale (codée en base 64 par exemple).

(3) CEN « Centre Européen de Normalisation » connu notamment pour ses travaux dans le cadre du CEN BII sur la définition de profils de facturation, le CEFACT /ONU travaille dans la même voie que le CEN sur cette question.

(4) PEPPOL offre un modèle d’interopérabilité fondé sur des standards, ceux du CEN BII et de l’UN/CEFACT.

(5) http://ec.europa.eu/internal_market/payments/einvoicing/index_en.htm#forum

(6) « une stratégie pour la passation des marchés publics" COM (2012) 179

mardi, février 5 2013

Le catalogue électronique PEPPOL pour les achats hospitaliers vers un standard européen ?

Dans le cadre du premier forum Open PEPPOL qui s’est tenu à Bruxelles le 30 janvier, la France représentée par l’Adetef et le SGMAP , Secrétariat Général pour la modernisation de l’action publique , autorités en charge de PEPPOL en France ont annoncé les premiers tests concluant portant sur les échanges de catalogue électronique pour le secteur de la santé.

Dès l’origine du projet, la France partenaire dans PEPPOL a décidé de s’intéresser au catalogue électronique en développant un pilote e-catalogue santé pour les produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux. Alors que la maitrise d’œuvre en était confiée à l’équipe PEPPOL-Adetef, le porteur du projet désigné fût le CHRU de Montpellier. Chef de file de l’e-procurement pour les CHUs au sein du GCS UNI-HA, le CHRU de Montpellier pilote la plateforme PAD d’achats dématérialisés dans un objectif d’optimisation et d’efficience de l’achat hospitalier. La cérémonie du 12 décembre 2011 « la France se connecte à PEPPOL » fût l’occasion d’annoncer un catalogue électronique associant PEPPOL et GS1 dans le domaine médical. Un an plus tard presque jour pour jour, des tests concluant ont pu être réalisés. lire le communiqué de presse et sur le site PEPPOL.

De quoi s’agit-il ?
Le catalogue d’exécution (1) est utilisé à tout moment de la vie d’un marché soit à la demande d’un hôpital qui souhaite actualiser son référentiel de produits soit à l’initiative d’un fournisseur qui souhaite mettre à jour ses données en fonction par exemple d’une évolution de son offre de produits ou d’actualisation de données du marché, quantités livrées etc. Le catalogue d’exécution (post-award) peut s’inscrire dans la continuité de la procédure de passation (2) du marché dont il hérite en partie des données. Mais il peut fonctionner aussi indépendamment d'un marché pour gérer par exemple, les demandes de prix nombreuses et le plus souvent non dématérialisées. Le e-catalogue est un outil permettant la synchronisation des référentiels produits entre l’hôpital et son fournisseur pour toutes les activités d'approvisionnement .

Quelles leçons retenir de ce pilote PEPPOL ?

Plusieurs réunions de concertation entre hôpitaux, industriels, éditeurs et organisations professionnelles parmi lesquels EUROPHARMATIC, le SNITEM et GS1 ont permis d’aboutir à un premier modèle de données.C'est sans doute la première leçon à tirer de ce projet. La réussite repose avant tout sur la recherche du meilleur compromis possible entre des objectifs divergents. PEPPOL aura permis cette concertation.

Le catalogue n’a d’autre limite que celles que l’on veut bien lui donner.
Alors que la facture électronique est un objet particulièrement normé sur au moins deux dimensions, l’une réglementaire (notamment la réglementation fiscale) et l’autre commerciale. Le catalogue électronique est un objet sans limite prédéfinie dans l’étendue du champ des donnés traités même si le format du modèle de données est fixe. Le catalogue électronique répond à autant de définitions que d’usages possibles. Les applications sont nombreuses pour les hôpitaux qui peuvent alimenter leur système d’information avec des spécifications techniques pouvant intéresser les achats, la logistique ou la finance mais aussi la pharmacologie, la matériaux-vigilance ou l’offre de soin etc.

PEPPOL n’impose pas un système de données.
PEPPOL, a pour principal objectif d’étendre l’interopérabilité en Europe en développant la conformité des infrastructures et des données avec les standards internationaux largement reconnus, ceux du CEN (3) et de l’UN/CEFACT (4) pour les transactions, UBL (5) et UN/CEFACT pour la syntaxe des messages e-procurement. Sur le contenu des messages et notamment les messages e-catalogue, PEPPOL n’impose rien si ce n’est la conformité sémantique et syntaxique. La responsabilité du contenu incombe aux partenaires commerciaux qui définissent eux-mêmes leur système de données, en considérant d’abord les données utiles pour les transactions. Le contenu des transactions dépend donc à la fois du secteur, du domaine, du contexte et de la complexité du système de données. Dans le secteur de la santé et le domaine médical, l’exigence de conformité est grande en matière de données. Notamment parce que les enjeux de santé publique, comme le risque sanitaire dans l’alimentaire, est une préoccupation permanente. Cette liberté dans le choix du contenu a permis d’intégrer dans le catalogue PEPPOL une intelligence de la donnée allant bien au-delà de la proposition initiale, de travailler sur un modèle de données AUREA (6) et PHARMATIC (7) conforme aux attentes des CHU et intégrant, à la demande des fournisseurs, la conformité avec le référentiel GS1 (8).

La qualité des données conditionne la qualité de l’approvisionnement.
Cette vision nous la devons en grande partie aux CHUs qui engagés dans la voie de l’e-procurement depuis 2005 savent bien que toute rupture dans la chaîne de dématérialisation est coûteuse et préjudiciable à la qualité globale des processus. Le passage à la dématérialisation des factures est d’ailleurs largement simplifié à partir du moment où un système de données optimal en amont permet un traitement adéquat sans nouvelle saisie et risque d’erreur.Parce que les efforts de qualité sur les données ont un impact sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, la priorité a été donnée au catalogue électronique qui permet d’en assurer un contrôle permanent.

La France peut-elle proposer avec PEPPOL un standard e-catalogue pour les données de santé au niveau européen ?

Plusieurs raisons participent à cette ambition. Au sein du consortium PEPPOL aucun pays n’a contribué au sujet des achats hospitaliers autant que la France qui, en la matière, a toute légitimité à faire valoir son point de vue. L’offre de soin, quelque soit le pays concerné en Europe, répond à un niveau d’exigence équivalent à celui de la France. Une approche centrée sur la « donnée » répondant à la conformité des standards Internationaux affranchit plus facilement des barrières linguistiques et des questions de territorialisation, laissant entrevoir une généralisation possible du modèle à toute l’Europe.

Thierry AMADIEU
Responsable des pilotes PEPPOL

(1) L’exécution débute à la notification des lots au soumissionnaire pour se terminer à la fin de la période contractuelle et intéresse l’ensemble du cycle de commande-facture et livraison. Elle correspond à la notion de « post-award »pour PEPPOL, littéralement post attribution.

(2) La passation correspond à la procédure d’appel d’offres et à la notion de « pre-award » pour PEPPOL

(3) CEN « centre européen de normalisation » - le CEN définit des profils de transactions dans le cadre d’une norme CEN-BII « business interoperability interface » couvrant toutes les phases de l’e-procurement

(4) UN/CEFACT organisme de normalisation rattaché à l’organisation des Nations Unies qui participe avec le CEN aux développements de standards

(5) UBL - Universal Business langage norme XML supporté par l’organisation OASIS



(6) AUREA est le nom de l'initiative e-procurement des CHU

(7) PHARMATIC est un éditeur présent dans le monde pharmaceutique et hospitalier.

(8) GS1 est un organisme international à but non lucratif qui développe des standards dans la gestion des données produits

mercredi, janvier 30 2013

Comment la facture électronique peut révolutionner le secteur public britannique (*) ….et pourquoi pas français ?

Dans un article récemment paru, le journal britannique le Guardian attire l’attention des pouvoirs publics sur les gains potentiels pour le contribuable britannique d'une obligation de dématérialisation des factures du secteur public. Il épingle au passage la passivité et la lourdeur bureaucratique du service public le qualifiant d’ennemi de l’intérieur. Le Guardian y voit une opportunité pour le gouvernement de placer la Grande Bretagne en tête des nations en matière d’économie numérique et cela pour un coût relativement modique.

Nous croyons que la facture électronique est un champ d’expérimentation où le gouvernement à l’opportunité de faire une démonstration pratique du leadership britannique dans le domaine de l’économie numérique…non seulement la facturation électronique permet de faire économiser des sommes énormes d'argent aux contribuables mais elle pourrait, si elle est appliquée correctement, stimuler l'émergence quasi-instantanée de services en ligne pour la facturation électronique et l'adoption de standards ouverts électroniques. La Grande-Bretagne pourrait devenir un leader mondial dans le domaine, la création de milliers de nouveaux emplois et à stimuler durablement la croissance économique. Les partisans de la facturation électronique ont estimé que la rendre obligatoire pourrait entraîner des retombées économiques de l’ordre de 22 à 28 milliards Livres par an pour finalement un investissement très modeste…en cette période d'austérité, la facturation électronique est une occasion trop belle pour être ratée…. poursuit le Guardian qui se demande ce que peut bien attendre son gouvernement alors que les petites nations donnent déjà l’exemple : La Grande-Bretagne accuse déjà un retard sur plupart des pays européens et beaucoup de nos concurrents mondiaux. Au Danemark, la facturation papier a été interdite dans le secteur public depuis 2005. En Suède, la facturation électronique dans le secteur public est effective depuis 2008. Le gouvernement finlandais accepte les factures électroniques depuis Janvier 2010…

De notre côté du chanel, notre gouvernement souvent critiqué sur le fondement de certaines mesures trouverait dans la dématérialisation obligatoire des échanges avec le secteur public, une justification économique difficilement contestable.

Faire gagner un cran à cette réforme nous semble d'une nécessité urgente. Après tout, rien de nouveau depuis la loi LME du 4 août 2008-article 25 autorisant les collectivités publiques à accepter la facture électronique.

A une époque où le maintien dans la Communauté Européenne fait débat outre manche, il serait dommage que la France laisse "Messieurs les anglais tirer les premiers" (**) et ne montre pas la voie d'une réforme souhaitée par la grande majorité des acteurs. Une mesure dont les gains très sérieusement évalués se chiffrent sans doute à plusieurs centaines de millions d’euros pour l'économie. Par les temps qui courent….

(*) "How e-invoicing could revolutionise public sector procurement"
(**) attribué par Voltaire au comte d'Anterroches à la bataille de Fontenoy le 11 mai 1745

vendredi, décembre 7 2012

Le CEN veut étendre l’interopérabilité de l'e-Procurement en Europe

Le 6 décembre à Bruxelles le CEN « Centre Européen de Normalisation » (*) a présenté les résultats de ses travaux de normalisation du grand chantier d’interopérabilité lancé par la Commission Européenne en 2010.
Le CEN a ainsi pu définir les spécifications techniques de 35 profils permettant de gérer toutes les phases de l’achat depuis la publication des annonces de marchés jusqu’au paiement en passant par la soumission électronique, la notification, la gestion de catalogue électronique, la commande et la facture électronique.

Ces profils sont mis à disposition de l’ensemble de la communauté avec des guides d’implémentation technique. Ce grand chantier de standardisation est un pilier essentiel de la convergence et de l’interopérabilité des plates-formes et des systèmes d’e-procurement (plus de 300 plates-formes en Europe) constituant un marché encore trop fragmenté pour permettre les échanges électroniques entre opérateurs économiques et le administrations publiques.

C'est aussi une étape indispensable de la feuille de route Européenne qui prépare au prochain train de mesures de la Commission sur l’imposition progressive de l’électronique dans les échanges intracommunautaires en 2016.

(*) accès au site du CEN

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