Le NOUVEL ACHAT

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mercredi, août 10 2011

La Direction des Affaires Juridiques (DAJ) annonce la fin de la pause réglementaire

A l’occasion du colloque qui s’est tenu le 28 juin dernier dans les locaux de l’Université de pharmacie à Paris V Descartes, Monsieur Serge Doumain de la DAJ dresse un bilan contrasté de la dématérialisation et expose son plan d’action pour les prochains mois. Il justifie les raisons d’un arrêt de la pause réglementaire par la nécessité de simplifier les règles.
Depuis janvier 2005, la DAJ aura fait preuve d’une bonne dose de conviction et de pédagogie, pour convaincre des acheteurs publics récalcitrants et les entreprises frileuses. (cf. notre article, les réponses de madame Bergeal « Dématérialisation, mode d’emploi (chat du Bercy Colloc. du 28 septembre). Serge Doumain a beau tambouriner que le démat n’a jamais autant progressé, (*) sa conviction a de quoi être ébranlée tant les résultats sont mitigés. Pire encore, pour 61% des utilisateurs expérimentés, la situation ne s’est pas améliorée selon une récente enquête commanditée par la DAJ. (cf. notre article « La dématérialisation vue par les acheteurs publics, une enquête de la DAJ (décembre 2010) ».

Les freins identifiés en 2008 persistent en 2011. Uniformisation des plateformes, simplification des formulaires, formation et information insuffisante des opérateurs, chaîne de dématérialisation incomplète vers le payeur, une simplification nécessaire de la réglementation etc.A cela s’ajoute l’émergence de nouvelles attentes révélées lors des récentes assises de la simplification : nécessité d’un coffre-fort électronique pour les entreprises, un portail unique d’annonces de marchés, la mutualisation des dossiers de candidature, la réponse aux variantes indépendamment de l’offre de base etc. Finalement, la bonne nouvelle, c’est que les attentes des acheteurs et des entreprises sont très convergentes. La DAJ invite les groupes de travail à se former entre acheteurs et fournisseurs pour combiner leurs efforts vers des solutions communes.Pourquoi aura-t-il fallu attendre tout ce temps pour découvrir les vertus d’une approche fondée sur le consensus entre Administration et opérateurs économiques.

De son côté la DAJ décide de suspendre la pause réglementaire. Peut-être encouragée en cela par les conclusions du livre vert de la Commission Européenne, qui pointe le souhait de mesures obligatoires, (cf. notre article « L'Europe doit imposer à défaut de convaincre ») . Mais en France, nous n'en sommes pas encore là. La DAJ rappelle que le 1er janvier 2012, pour les achats supérieurs à 90 000 Euros HT, tout acheteur sera tenu d’accepter les offres transmises par voie électronique par l’opérateur économique. Première conséquence, suspension de l’arrêté d’expérimentation initialement prévu jusqu’en 2010. Autre mesure, préparation d’un décret venant modifier le Code des Marchés publics. L’article 56 sera réécrit à droit constant dans une optique de simplification et de meilleure lisibilité, abrogation de l’arrêté du 28 août 2006 pris en application des articles 48 et 56 du CMP. Le SAD « système d’acquisition dynamique » jusqu’alors limité aux fournitures courantes sera étendu (article 78) sera étendu aux achats de services courants. Un projet d’arrêté relatif à la signature électronique est en préparation. Pour encourager l’usage de la signature ; celui-ci visera à simplifier l’acquisition d’un certificat électronique sans dégradation des conditions de sécurité évidemment. Il permettra la signature via un logiciel ou un parapheur électronique choisi par le signataire et non forcément imposé par l’acheteur.

Peut-être est-il utile de préciser, que la volonté de la DAJ n’est pas d’accompagner cette fin de la pose réglementaire d’une nouvelle inflation de textes mais bien au contraire d’une décrue générale.
Thierry AMADIEU
(*) Entre le 1er janvier et le 31 décembre 2010, 24 834 procédures ont été dématérialisées dont 18 119 MAPA donnant lieu à 10 105 publications au BOAMP, 340 354 retraits de DCE et 9 909 dépôt électroniques par les entreprises (source DAJ)

mercredi, juillet 6 2011

PEPPOL : Adetef lance un appel d'offres pour la création de points d'accès PEPPOL en France

Cet appel d'offres multi-attributaires a pour objet de connecter les services et les applications des opérateurs au cloud PEPPOL. Les prestataires retenus dans le cadre de cette consultation devront fournir aux partenaires de PEPPOL un moyen de véhiculer des messages de façon interopérable, traçable et sécurisée. Ceci s'appuie sur une infrastructure de transport (BUSDOX, ou Business Document Exchange Network) utilisant un profil de transport de haut niveau (START, Secure Trusted Asynchronous Reliable Transport) et des points d'accès (AP, Access Point). Chaque utilisateur doit être enregistré dans un point d'accès et dans un Service Metadata Publisher (SMP) qui contient des informations sur la manière de joindre le destinataire d'un message donné, en particulier le point d'accès auquel l'utilisateur est affilié. le prestataire devra en outre être en mesure d'effectuer la réception, la transformation et validation des messages transmis, qu'il s'agisse de flux de catalogues, de commandes ou de factures etc.

mardi, juillet 5 2011

L'Europe doit imposer à défaut de convaincre.

Mme Julia FERGER, en charge du Public procurement et de l'eProcurement au sein de la Directorate-General marché intérieur et services auprès de la commission Européennea fait le point sur les récents développements et les retombées de l'enquête et du livre vert sur l'achat public en Europe à l'occasion du colloque du 28 juin 2011 sur les achats hospitaliers, à l’Université Paris V Descartes.

Alors que la dématérialisation progresse globalement en Europe, elle peine encore à s'imposer dans les échanges transfrontaliers. Les centrales ou les groupements d'achats sont les premiers à bénéficier de l'effet accélérateur en confortant leur place dans l'achat public. 17% des achats sont déjà effectués par l’intermédiaire d’une autre autorité contractante. A l’instar du Danemark, les petits Etats comme le Portugal, Chypre, la Lituanie très dépendants des Etats voisins trouvent dans la dématérialisation un accélérateur de croissance et tendent à l’imposer. Alors que 230 plateformes de dématérialisation s’affichent sur le Web Européen, la proportion de fournisseurs étrangers enregistrés sur ces portails est seulement de 5%. La dématérialisation des marchés publics s’exerce au plan national et n’intéresse que marginalement les opérations transfrontalières.

L’Europe souhaite accompagner le courant de la dématérialisation, mais comment ? Par des mesures d’encouragement, la dissémination de bonnes pratiques, la clarification juridique, des solutions d’eProcurement disponibles en logiciel libre, le projet PEPPOL ou la solution ePRIOR utilisée par la DIGIT Européenne pour ses achats, (cf : PEPPOL) Et pourquoi ne pas rendre la dématérialisation obligatoire ? C’est une des conclusions du livre vert. 53% des interviewés sont favorables à une action coercitive de l’Europe en la matière. Comment faire tomber les barrières qui plus que physiques ou géographiques sont avant tout techniques, linguistiques ou réglementaires. Ces barrières sont perçues comme discriminantes par 85% des opérateurs qui trouvent que l’Europe devrait intervenir pour réduire les obstacles. Autant de sujets abordés par le projet PEPPOL. PEPPOL facilite l’interopérabilité en assurant l’authentification des opérateurs et des services, une reconnaissance mutuelle des certificats numériques etc.

Modifier radicalement l’environnement réglementaire. 76 % des interviewés sont favorables à une modification des règles communautaires. Améliorer la visibilité et faciliter l’accès aux documents de consultation. Régler la problématique de la dignature électronique, effacer les disparités des réglementations en facilitant la fourniture des attestations nécessaires aux marchés publics , domaine ou PEPPOL souhaite apporter une solution innovante grâce dossier virtuel d’entreprise (VCD).

Un agenda chargé jusqu’en 2012 pour la Commission.

La commission retient trois dates clé pour son agenda. Juillet 2011, publication des réponses au livre vert; décembre 2011, publication des propositions législatives COM sur la modernisation des directives européennes marchés publics ; janvier 2012, publication de la stratégie globale pour la dématérialisation.

mardi, juin 7 2011

6ème conférence PEPPOL à Stockholm les 26 et 27 mai 2011

PEPPOL is Live !

A l'occasion de la 6ème conférence PEPPOL qui s'est tenue à Stockholm fin mai, "PEPPOL est une réalité" fût le slogan qui revenait à la bouche de la plupart des participants. PEPPOL n'est pas un concept théorique, avatar électronique du grand marché unique tant souhaité mais un outil bien réel qui démontre tous les jours sa pertinence dans l'eProcurement et sa capacité à connecter les communautés d'achats dans l'ensemble de l'Europe.

Mais quelles sont ces réalisations ?

  • Norvège : ouverture d’un point d’accès PEPPOL par le DIFI norvégien,
  • France-Allemagne : tests réussis entre la France et l’Allemagne sur la reconnaissance de certificats de signature électronique,
  • Autriche : premiers échanges de dossier virtuels d’entreprises (VCD) effectués entre la société Business Services GmbH et le Ministère fédéral autrichien des Finances (BMF) ,
  • France : désignation par l’AIFE de l’opérateur en charge concentrateur de factures pour le système Chorus qui permettra via PEPPOL des échanges avec des opérateurs étrangers pour les clients SP sur Chorus. Des factures ont déjà été échangées avec FT-Orange, l’UGAP et EDF. Pour le Secteur Public Local, démarrage d’un pilote avec le conseil général de l’Aube sur la factures.
  • Italie : INFOCAMERE, met à disposition les composants de signature électronique en open source et téléchargeables sur la forge OSOR,
  • Suède : qui dispose de 5 points d’accès PEPPOL dont un géré par eBuilder pour l’ESV (ministère Suédois de l’Economie) a entrepris des tests réussis de réception de factures électroniques PEPPOL.
  • France –Danemark et Suède : lancement dans les prochains mois d’un pilote facture entre la France le Danemark et la Suède.

La Commission Européenne : confirme à un horizon 2015 la convergence des projets LSP "larg scale projects" (SPOCS-STORKS-eCODEX-epSOS(*)- PEPPOL) et les composants composants techniques développés par chaque projet (infrastructure de validation de signature pour PEPPOL par exemple).
(*) epSOS : est un Projet de eSanté Européen

Le Danemark annonce un potentiel d'économies de 100 millions d'Euros par an grâce à l'eProcurement et à PEPPOL
Mme Helle Schade-Sorensen, NemHandel (EasyTrade) rappelle que depuis 2005, les fournisseurs n'ont plus le choix et sont tenus d'envoyer leurs factures par voie électronique . 75 millions de factures électroniques ont ainsi été envoyées par l'intermédiaire des opérateurs de facturation et NemHandel. Mme Schade-Sorensen rappelle que le Danemark est un petit pays dont le tissu économique est majoritairement composé de PME. Il n'a donc d'autre choix que de développer son commerce avec le reste de l'Europe.

Atexo et eBuilder annoncent (*) un partenariat dans l'eProcurement

Atexo et EBuilder élargissent leur offre "cloud" au secteur public. Il s'agit sans doute d'un signal fort des opérateurs qui confirment au passage , la prise en compte d'une dimension Européenne des marchés publics, qui est le résultat en partie des avancées de PEPPOL , le fait aussi que l'eProcurement devient une réalité pour bon nombre d'Etats, dont le Danemark est une parfaite illustration (voir plus haut) .

(*) communiqué de presse en attachement

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