Le NOUVEL ACHAT

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vendredi, janvier 14 2011

La dématérialisation des finances publiques ou les 6 travaux de CHORUS

l’Agence Informatique Financière de l’Etat (AIFE) dresse le bilan de la mise en place de CHORUS dans les administrations centrales et la Direction Générale des Finances Publiques. Historiquement développé dès 2001 sous l’impulsion de la loi organique relative aux lois de finances plus connue sous le nom de LOLF, CHORUS permet de gérer les dépenses et les recettes de la comptabilité publique et vise une refonte d’ensemble des processus. Avant CHORUS il existait 280 applications, aujourd’hui une grande partie de ces applications ont été remplacées par CHORUS , précise Nicolas BOTTON .

Dans CHORUS toutes les pièces sont dématérialisées de bout en bout et dès leur origine. Les demandes de paiements sont aussi dématérialisées et les pièces justificatives sont stockées sans modification possible sur la plate-forme d’archivage à valeur probante ATLAS, qui archive aussi les pièces du service public local. Avec 15 millions de demandes de paiement par an, 6 millions d’états de frais et 4 millions de factures, les volumes sont impressionnants. Le courant de dématérialisation impulsé par CHORUS produit pour la seule DGFIP (Direction générales des finances publiques) des économies évaluées à près de 27 M d’Euros par an et un effet diect sur l’environnement durable avec 2500 tonnes de papier ou encore 140 hectares soit 62 000 arbres épargnés.

Les 6 travaux de CHORUS

Les chantiers de CHORUS portent sur la dématérialisation et le traitement des états de frais, les pièces de marchés publics, la carte achat, les demandes de subventions, les comptes de gestion et la facture fiscale des fournisseurs.

Objet dune expérimentation pilote avec l’Education Nationale, les états de frais sont dématérialisés à 99%. Les ordres de mission sont saisies dans l’application ministérielle, validés dans un workflow interne puis transmis à CHORUS . Le flux contient toutes les informations de l’état de frais qui permet de pré-remplir la demande de paiement, en parallèle, les pièces justificatives sont stockées 5 ans dans ATLAS. 1 million d’EF ont été dématérialisés à fin 2010.

Les pièces de marchés publics sont directement transmises par la Plate-forme Interministérielle (PMI) vers CHORUS pour créer un engagement juridique, EJ . Cette dématérialisation opérationnelle depuis le 1er janvier 2010 ne porte que sur les nouveaux marchés. La volumétrie est d’environ de 22000 marchés par an pour l’Etat. A raison de 150 pages par consultation et 8 photocopies en moyenne, cela représente près de 26 millions de copies A4.

La carte achat permet de simplifier la procédure d’acquisition en dispensant l’acheteur de formalisme dans sa procédure d’achat, pour les très petits montants. L’opérateur financier choisi par l’Etat, gère les demandes de paiement, finance le marché (à 30 jours) et adresse le relevé mensuel des opérations, environ 1000 relevés d’opérations ont déjà été ainsi dématérialisés.

Les demandes de subventions sont saisies dans CHORUS - formulaires. La création d’un EJ de type subvention crée un attachement avec la pièce jointe et initie un workflow de traitement dans CHORUS. La volumétrie annuelle est d’environ 25 000 pour les administrations centrales et 900 000 pour les collectivités locales.

Le compte de gestion à pour objet de permettre un contrôle de la cour des comptes. La difficulté vient du fait que toutes les informations doivent converger vers la DGFIP. Ce système d’une grande complexité appelé « pieuvre » réalise cette consolidation à partir d’informations disparates ajoute des hyperliens vers les pièces jointes conservées dans ATLAS et centralise l’ensemble des écritures comptables pour transmission à la cour des comptes.

Finalement, la facture électronique constitue sans doute le principal enjeu pour les fournisseurs du secteur privé. L’AIFE veut traiter prioritairement la facture en données structurées (289bis / instruction DGI n°136 3CA du 7 Août 2003) pour tirer le meilleur parti de la dématérialisation. En revanche, l’AIFE, ne prend pas position sur le choix des standards UBL ou UN/CEFACT en prévision d'une très probable convergence.

Nicolas BOTTON, rappelle à ce sujet la loi sur la modernisation de l’économie (Loi n° 2008-776 du 4 août 2008 ) qui précise : « qu'à compter du 1er janvier 2012, l'Etat et les collectivités territoriales qui le souhaitent acceptent les factures émises par leurs fournisseurs sous forme dématérialisée. Les modalités de mise en œuvre de cette obligation sont fixées par décret en Conseil d'Etat. ».Par ailleurs à compter du 1er janvier 2012, toutes les collectivités ne pourront refuser de recevoir des factures électroniques de leurs fournisseurs.

Appliquant la règle des 20/80 ou loi de Pareto selon laquelle 20% des fournisseurs génèrent 80% du flux facturier, l’AIFE lance d’abord des pilotes avec les fournisseurs représentant le volume principal , secteur de l’énergie ou des télécoms . L’AIFE s’attaquera ensuite courant 2012 à la dématérialisation fiscale des opérateurs économiques de moindre importance via les aux plates-formes de facturation. Une précision toutefois, pour pouvoir générer un engagement de dépense, les factures doivent comporter le numéro de marché et le service exécutant.

L’Etat avec près de 4 millions de factures par an, présente une part encore très faible de factures dématérialisées et se situe encore loin des résultats de L’UGAP qui compte 280 000 factures dématérialisées en 2010.

Thierry AMADIEU le 14 janvier 2011

jeudi, novembre 18 2010

L'eProcurement Européen dans le secteur de la santé, 5ème conférence PEPPOL à Troyes

A l’occasion de la 5ème conférence PEPPOL (Pan European Procurement OnLine) qui s’est tenu à Troyes du 8 au 10 novembre 2010, l’eProcurement dans le domaine de la santé occupait une place prépondérante. Le 10 novembre une rencontre intéressait tout particulièrement les industriels de la santé avec la présentation de trois études de cas :

  • AUREA, la plate-forme d’eprocurement des CHUs,
  • Le système d’ eProcurement Norvégien du SouthEastern Norway Regional Health Authority ,
  • Le système d'achats unifiés de la 4ème autorité régionale de santé Grecque.

AUREA , France
La France présentait AUREA , la plate-forme d’approvisionnement sous l’égide de Monsieur Joël GOSSE, chef de projet opérationnel et la solution HUBWOO .
L’eProcurement des CHUs affiche des objectifs ambitieux, avec plus de 80 catalogues dans les domaines phares des achats hospitaliers, les produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux mais aussi la biologie et les achats généraux. AUREA c’est une gestion complète de la chaîne d’approvisionnement , doublée d’une plate-forme collaborative. A ce jour, onze CHUs adhèrent au projet AUREA (UniHA, le réseau d’achats des établissements hospitaliers compte 55 établissements dont 32 CHUs et 23 centres hospitaliers). AUREA intègre aussi une gestion sophistiquée des catalogues qui accepte plusieurs formats et nomenclatures en entrée.

  • Les données techniques : EUROPHARMAT , pour les dispositifs médicaux et RCP pour les spécialités pharmaceutiques,
  • Les nomenclature standardisées : GMDN, pour les dispositifs et DCI pour les spécialités pharmaceutiques,
  • La classification : CLADIMED, ATC , UNSPSC ou GPC ,
  • Le système de codification : GS1.

Cette démarche est tout à fait conforme au standard d’intéropérabilité CEN/BII__ de PEPPOL pour la gestion des catalogues proprement dits et pour la gestion des nomenclatures de produits, quatre grand systèmes de classification et de description des articles, CPV (Common Procurement Vocabulary) , eCl@ss, GPC, UNSPSC et GMDN dans le secteur medical.

NRHA ,Norvège
La Norvège était représentée par la Norway Regional Health Authority (NRHA) qui par le truchement d’une plateforme nationale permet d’ores et déjà aux opérateurs économiques de répondre aux sollicitations d’achats. La NRHA couvre 4 régions, soit plus d’un million d’habitants et un budget d’achats de 2.5 milliards d’Euros .

La NRHA recoure à l’eProcurement pour près de 22% de ses achats soit un peu plus de 500 millions d’Euros et 55% de produits pharmaceutiques. 200 000 commandes électroniques sont gérées annuellement, à un rythme de 125 commandes par jour, pour atteindre 43 millions d’Euros de commandes par mois en 2010.

La NRHA évalue l’économie globale générée par l’eprocurement à 11700 heures de travail de saisie. En participant au programme PEPPOL, la NRHA déclare vouloir élargir la base de fournisseurs en s’ouvrant à un eProcurement sans frontière. PEPPOL autorise par ailleurs un traitement plus rapide et plus rigoureux des dossiers de réponses.

4è RHA, Grèce
La 4è RHA centralise les achats de 14 hôpitaux. La système d’eProcurement développé par la société GNOMON Informatics permet de gérer à ce jour 394 fournisseurs et 225 339 articles. La RHA participe en tant que pilote au programme PEPPOL.

La plate-forme utilise la nomenclature GMDN et la classification EKEVYL pour les dispositifs médicaux. Sur cette base le système intégré de gestion des catalogues permet une gestion unifiée des articles et l’enrichissement progressif avec d’un côté les spécifications techniques et de l’autre les attributs ou caractéristiques du produit. Il permet ensuite de regrouper ou de désigner des favoris au sein de la base d’articles. Sur cette base le SI centralisé permet d’instiller quatre visions au groupes d’utilisateurs, les données brutes de la base d'articles, les spécifications techniques avancées, un observatoire des prix et des tarifications et la gestion du planning général permettant de déclencher les approvisionnements.

En conclusion :
Cette réunion fût l'occasion d'illustrer par des exemples concrets, qu'un eProcurement Européen est déjà une réalité et qu'il faut l'encourager par des expérimentations à grande échelle. Elle confirme aussi , l’importance stratégique du secteur médical en matière d’eProcurement, en le plaçant au premier rang des priorités pour l’Europe et pour PEPPOL. L’eProcurement est un outil au service d’un achat plus efficace et surtout plus économique ; Il en va là aussi, de la pérennité de notre système de santé .

Plus d'infos sur le site, page : Public procurement
PEPPOL

Thierry AMADIEU

mercredi, novembre 17 2010

Dématérialisation et archivage électronique, une première session très réussie !



La première session du séminaire "Dématérialisation et archivage électronique des marchés publics s'est déroulée le 10 novembre à l'Espace Batignolles à Paris 17è.

Objectif, conduire un projet d'archivage électronique à valeur probante dans son organisation en parfaite maîtrise des problématiques techniques, organisationnelles et juridiques des marchés publics. Deux laboratoires pharmaceutiques, trois fournisseurs de dispositifs médicaux et une administration publique étaient représentés.

Traiter l’ensemble de la problématique en une journée relève du tour de force. Le résultat est à la hauteur des espérances des participants.

Pour Thierry AMADIEU et Thierry BEAUGE , co-animateurs de cette formation, la réussite dépend aussi de l'interactivité avec le groupe. Les échanges, toujours riches d’enseignements pratiques, furent aussi favorisés par la mixité de ce séminaire, composé à la fois d’entreprises et d’acheteurs publics. "C'est un des atouts de cette formation, que de pouvoir installer un dialogue constructif entre un acheteur et un fournisseur et cette formation peut y contribuer." déclare Thierry BEAUGE.

Les évaluations très positives faîtes par les participants confortent aussi la formule et son contenu.

''Stage très très intéressant , à conseiller à la direction juridique". "Permet d’aborder l’archivage comme un vrai projet d’entreprise". "Connaissance générale sur l’archivage et conduite de projet d’entreprise dans le passage au numérique". "Organisation et argumentation pour vendre le projet en interne". "Permet de faire le lien entre deux projets, GED et archivage électronique, en structurant la compréhension du sujet.''

Plusieurs enseignements à tirer pour les prochaines sessions.

Aborder cette problématique, ce n’est pas seulement répondre à la question de l'archivage à valeur probante des appels d'offres mais inscrire le projet dans une démarche d'ensemble de conservation du patrimoine informationnel de l’organisation. L’archivage passe donc par une compréhension élargie à l’échelle de l’organisation, car il s’agit bien d’un projet d’entreprise avant tout.
Il y a sur ce point convergence entre les attentes des organisations, entreprise ou collectivité; même si dans la pratique il y a quelques différences notables dans le traitement de archives.

L’archivage des marchés publics offre l’avantage de cumuler l’ensemble des problématiques techniques et juridiques de l’archivage. C’est un excellent terrain d’expérimentation qui permet de valider les concepts et les solutions avant de les déployer dans d’autres services de l’entreprise (finances, comptabilité etc.) ou d'une collectivité.

Mais pour gagner cette dimension ou sensibiliser sa direction, il faut savoir vendre le projet en interne et cela est aussi important que le projet lui-même.

Conduire un projet, c’est savoir aussi utiliser tout le matériel à sa disposition et tirer les bons tiroirs ; particulièrement quand il s'agit des normes, très nombreuses (ISO 15489,ISO 14721, ISO 27001, 27002 et 27005 , NFZ 42-013, MOREQ2, etc.) qui sont là pour accompagner chaque étape du projet.

Finalement, le besoin s’est fait sentir d’aller plus loin en disposant des moyens d’élaborer une véritable politique d’archivage, indispensable clé de voute du dispositif. Ce sera sans doute l’objet d’une session à part entière sous la forme probable d’un atelier, prolongement logique de ce séminaire.

Rendez-vous est déjà pris pour le 8 février prochain pour une nouvelle session.

Programme et inscription : NouvelAchat

Thierry AMADIEU

mardi, novembre 2 2010

Les nouveaux formulaires types

__Le gouvernement vient de procéder à la révision des formulaires que doivent remplir et signer les candidats aux marchés publics. Ces modifications concernent l’ancien DC4 Lettre de candidature, le DC5 Déclaration du candidat, le DC8 acte d’engagement et le DC 13 Acte spécial de sous-traitance. Les DC6 Travail dissimulé et DC7 état annuel des certificats reçus restent pour l’instant inchangés mais leur numérotation, en revanche, est changée : le DC6 devient le NOTI 1 et le DC7 devient le NOTI 2

-1- Les buts recherchés et les modifications apportées :

  • Adapter ces imprimés qui n’ont aucun caractère obligatoire aux évolutions réglementaires, et simplifier.

Par exemple, terminologie plus en phase avec les termes du code des marchés publics. Autre exemple : l’habilitation du mandataire en cas de groupement n’est plus à produire.

  • Réduire le nombre de signatures à apposer, pour faciliter la dématérialisation. Les déclarations de l’ancien DC5 renvoyées dans le DC4 (devenu DC1) permettent de ne signer qu’un seul document au lieu de deux (on signe désormais uniquement le nouveau DC1 au lieu de l’ancien DC4 et DC5). On ne signe pas le nouveau DC2. Le DC2, qui regroupe essentiellement les capacités techniques et financières des candidats, comporte une mention supplémentaire destinée à identifier les candidatures des P.M.E. L’acte d’engagement DC8 devenu DC3 rapproche l’offre du candidat des autres pièces constitutives du marché. La signature des deux parties figure sur la même page. La nouvelle numérotation, voulue sans doute pour remettre de l’ordre dans une suite qui n’en était plus une, va entrainer au début quelques difficultés. En effet, le DC1 remplace le DC4, le DC2 remplace le DC5, le DC3 remplace le DC8, et le DC4 remplace l’ancien DC13…Il faudra être très attentif, du côté de l’acheteur en prescrivant les documents qu’il attend et du côté du fournisseur en déchiffrant les intentions des acheteurs à la lecture du règlement de la consultation, pour ne pas être éliminé pour défaut de production des documents exigés.

Rappel l’article 52 du code des marchés publics permet à l’acheteur de rattraper les erreurs dans la candidature mais pas dans l’offre (pourtant dans la même enveloppe depuis la récente réforme pour l’appel d’offres ouvert). Mais ce n’est qu’une faculté ouverte à l’acheteur pas une obligation. Il faut donc rester très attentif et au besoin demander aux acheteurs des explications sur leurs attentes si celle-ci sont confuses (« Cf. affaire suivie par Mr… »).

-2- La date d’entrée en vigueur
Adoptés depuis le 17 septembre ces nouveaux DC peuvent être appliqués pour tout nouveau marché envoyé aux publications depuis cette date. Mais comme leur utilisation est facultative, leur entrée en vigueur se fera au gré des acheteurs publics. Certains avaient constitué leur propre jeu de formulaires revus et corrigés. Ils mettront plus de temps à abandonner leurs propres instruments. La dématérialisation progressivement devrait jouer un effet incitatif à les utiliser

-3- Une opinion personnelle
C’est une petite réforme mais non aboutie. On n’a rien supprimé de cette trop longue liste des documents à fournir. La grande réforme consisterait à les supprimer tous et à reporter les références et les déclarations sur l’honneur dans l’acte d’engagement, ou à créer un dépôt électronique de ces documents dans une boite aux lettres disponible pour les acheteurs qui viendraient y puiser ce qui leur serait utile. Dossier unique.
NB : DC consultables sur site du Minefe
Thierry Beaugé

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