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Tag - Open PEPPOL

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mercredi, novembre 6 2013

La position de PEPPOL sur la Directive e-Invoicing

OpenPEPPOL

Open PEPPOL soutient le projet de Directive tout en attirant l’attention de la Commission sur les écueils de la mise en œuvre. Pour Open PEPPOL il est indispensable de préciser les modalités d’application, le cas échéant par actes délégués. Cet ajustement nécessaire conditionne l’impact de la mesure et in fine l’adoption des utilisateurs.
A la demande de la Commission, Open PEPPOL a précisé sa position concernant le projet de Directive facture électronique. En tant que projet de grande échelle (Large Scale Project) sponsorisé par la Commission, Open PEPPOL souhaite attirer l’attention sur les travaux accomplis pour le développement de la facture électronique de l’e-procurement public en Europe. PEPPOL s’est en effet illustré par une contribution déterminante dans deux domaines:

  • Le choix d’un modèle d’implémentation pérenne reposant sur des standards ouverts pour l’e-procurement qui offre aux utilisateurs une opportunité de passer plus facilement de la théorie à la pratique ;
  • Un réseau ouvert et sécurisé permettant l’acheminement des messages de l’e-procurement selon un protocole sécurisé.


Le modèle d’implémentation PEPPOL BIS « Business interoperability specification » repose exclusivement sur des standards, ceux découlant des recommandations des travaux CEN BII et du CWA 16562 permettant de décrire les échanges électroniques utilisés par l’e-procurement (et la facture électronique) dans l’exécution post-attribution (post-award) des marchés. Le réseau PEPPOL qui a l’ambition de réduire les obstacles du défaut d’interopérabilité des réseaux privés en proposant un protocole sécurisé et un cadre légal conforme à la gouvernance PEPPOL (matérialisé par un accord « Transport Infrastructure Agreement » avec les opérateurs de services).

Modèle sémantique unique, syntaxes multiples ?
Open PEPPOL fait remarquer qu'au delà d’un modèle sémantique commun résultant des travaux du CEN ; il faut aussi que les syntaxes supportées restent en nombre limité (même si la directive laisse les opérateurs implicitement libres de ce choix) (1). Sans cette précaution, le coût de la conversion d’une syntaxe à une autre pourrait réduire drastiquement les bénéfices de l’interopérabilité. A l’appui de ce constat, Open PEPPOL cite une étude de l’ESV (Ministère des Finances Suédois) qui révèle que le coût de la conversion de formats pour 540 collectivités publiques Suédoises (quantité négligeable au regard de nos 50 000 collectivités) pourrait s’élever à 10 Millions d’euros. Ce coût pourrait affecter sévèrement le modèle économique avec un impact estimé à deux fois celui correspondant à la mise en place du service. Bien sûr la collectivité faire reposer cette tâche sur son opérateur de service qui lui-même cherchera à éviter de faire des conversions en tous sens par des accords bilatéraux avec d’autres opérateurs, tout comme l’éditeur de logiciel financier ou comptable devra faire le choix d’un format unique d’import ou d’export de facture. (2)

Pour Open PEPPOL, l’utilisation de formats structurés est aussi fondamentale que les standards et équivaut à faire un choix stratégique pour l’avenir de l’e-procurement. Les technologies XML intimement liées au développement des formats structurés sont seules capables à terme de garantir une interopérabilité des systèmes et un traitement (semi) automatisé des données. En effet au-delà de la problématique du choix d’un modèle standard, le bouclage systématique des flux (catalogue-commande-facture-paiement) qui est le seul à permettre l’effet de levier escompté avec un maximum de gains immédiats, repose sur ces choix technologiques. Les taux d’erreurs rencontrés dans le rapprochement commande-facture (invoice reconciliation) sont une parfaite illustration des conséquences de choix inadaptés.

Le modèle BIS dérivé du CEN/BII prôné par Open PEPPOL, constitue le dénominateur commun de la facture électronique pour les échanges transfrontières en Europe. Open PEPPOL recommande à la Commission de prendre des actes délégués (3) pour préciser la façon avec laquelle elle entend assurer l’interopérabilité des formats, des traitements et les protocoles de transmission notamment dans le cadre des échanges transfrontières, domaine où la Commission peut exercer pleinement son autorité de régulation.

Si le modèle sémantique unique se fonde uniquement sur le CWA 16562 pour créer une nouvelle norme, alors Open PEPPOL estime que le CEN (qui a largement anticipé ce travail avec la 3ème vague de développement du CEN/BII) devra disposer de 24 mois pour développer cette nouvelle norme, réduisant d’autant la période de transposition. Même si le délai de 48 mois qui correspond à un allongement du délai classique en raison des impacts technologiques de la dématérialisation peut paraître excessivement long ; la proposition d’Open PEPPOL nous assez réductrice car elle ne tient pas compte des difficultés de transposition qui croit proportionnellement avec la disparité de nos législations.

Quelle forme d'obligation et sous quels délais ?

Si le modèle sémantique unique se fonde bien exclusivement sur le CWA 16562 pour créer une nouvelle norme, alors Open PEPPOL estime que le CEN (qui a largement anticipé ce travail avec la 3ème vague de développement du CEN/BII) devrait disposer de 24 mois pour la développer, réduisant d’autant la période de transposition. Même si le délai de 48 mois qui correspond à un allongement du délai classique de transposition en raison des impacts technologiques de la dématérialisation peut paraître excessivement long ; la proposition d’Open PEPPOL nous semble par trop réductrice car elle ne tient pas compte des difficultés de transposition qui croissent proportionnellement à la disparité de nos législations. C’est le cas notamment de la France où la prolixité de nos textes réclame de la part de nos autorités bien plus de clairvoyance qu'ailleurs.

Open PEPPOL souhaite encourager l’adoption non seulement en rendant obligatoire l’acceptation des factures électroniques par les autorités administratives sous la réserve que ces factures respectent les conditions prévues par la directive mais aussi en permettant aux collectivités de l’imposer aux entreprises. Pour illustrer les vertus de l’obligation, Open PEPPOL prend l’exemple de la Norvège qui après avoir autorisé la transmission de factures électroniques le 1er juillet 2011, décida un an plus tard au vu de résultats mitigés, de la rendre obligatoire pour les nouveaux marchés des administrations centrales notifiés après cette date. Depuis plus d’ 1 million de factures ont été reçues à un rythme de croissance de 20 à 30% par mois.

Depuis 2010, la réponse dématérialisée aux marchés peut être imposée par l’acheteur public. Ne serait-il pas envisageable d’imposer la facturation électronique dans les mêmes conditions aux entreprises voire même descendre en dessous des seuils communautaires. Il reste à mesurer les conséquences d’une telle mesure pour les entreprises qui dans l’esprit du législateur et en vertu du principe d’égalité de traitement, doit rester neutre sur le plan économique ; article 16 de la directive - « la présente directive n’entraîne pas de coûts ou de charges supplémentaires pour les entreprises ». Alors que la Directive reste muette sur ces modalités, le mode d’emploi cher à Open PEPPOL nous semble d’autant plus indispensable.

(1) article 11 du projet de Directive : « L’interopérabilité sémantique implique que le sens exact de l’information échangée soit préservé et bien compris de manière univoque, indépendamment de la manière dont cette information est physiquement présentée ou transmise »

(2) Dans le cadre du CEN/BII 2, le CEN s’est livré à un « mapping » entre le format pivot du profil facture (information requirements model) et les syntaxes (obligatoires) UBL 2.0 et CII « Cross Industry Invoice » CCTS V2.0

(3) acte délégué : article 290 TFEU « Un acte législatif peut déléguer à la Commission le pouvoir d'adopter des actes non législatifs de portée générale qui complètent ou modifient certains éléments non essentiels de l'acte législatif. »

mardi, février 5 2013

Le catalogue électronique PEPPOL pour les achats hospitaliers vers un standard européen ?

Dans le cadre du premier forum Open PEPPOL qui s’est tenu à Bruxelles le 30 janvier, la France représentée par l’Adetef et le SGMAP , Secrétariat Général pour la modernisation de l’action publique , autorités en charge de PEPPOL en France ont annoncé les premiers tests concluant portant sur les échanges de catalogue électronique pour le secteur de la santé.

Dès l’origine du projet, la France partenaire dans PEPPOL a décidé de s’intéresser au catalogue électronique en développant un pilote e-catalogue santé pour les produits pharmaceutiques et les dispositifs médicaux. Alors que la maitrise d’œuvre en était confiée à l’équipe PEPPOL-Adetef, le porteur du projet désigné fût le CHRU de Montpellier. Chef de file de l’e-procurement pour les CHUs au sein du GCS UNI-HA, le CHRU de Montpellier pilote la plateforme PAD d’achats dématérialisés dans un objectif d’optimisation et d’efficience de l’achat hospitalier. La cérémonie du 12 décembre 2011 « la France se connecte à PEPPOL » fût l’occasion d’annoncer un catalogue électronique associant PEPPOL et GS1 dans le domaine médical. Un an plus tard presque jour pour jour, des tests concluant ont pu être réalisés. lire le communiqué de presse et sur le site PEPPOL.

De quoi s’agit-il ?
Le catalogue d’exécution (1) est utilisé à tout moment de la vie d’un marché soit à la demande d’un hôpital qui souhaite actualiser son référentiel de produits soit à l’initiative d’un fournisseur qui souhaite mettre à jour ses données en fonction par exemple d’une évolution de son offre de produits ou d’actualisation de données du marché, quantités livrées etc. Le catalogue d’exécution (post-award) peut s’inscrire dans la continuité de la procédure de passation (2) du marché dont il hérite en partie des données. Mais il peut fonctionner aussi indépendamment d'un marché pour gérer par exemple, les demandes de prix nombreuses et le plus souvent non dématérialisées. Le e-catalogue est un outil permettant la synchronisation des référentiels produits entre l’hôpital et son fournisseur pour toutes les activités d'approvisionnement .

Quelles leçons retenir de ce pilote PEPPOL ?

Plusieurs réunions de concertation entre hôpitaux, industriels, éditeurs et organisations professionnelles parmi lesquels EUROPHARMATIC, le SNITEM et GS1 ont permis d’aboutir à un premier modèle de données.C'est sans doute la première leçon à tirer de ce projet. La réussite repose avant tout sur la recherche du meilleur compromis possible entre des objectifs divergents. PEPPOL aura permis cette concertation.

Le catalogue n’a d’autre limite que celles que l’on veut bien lui donner.
Alors que la facture électronique est un objet particulièrement normé sur au moins deux dimensions, l’une réglementaire (notamment la réglementation fiscale) et l’autre commerciale. Le catalogue électronique est un objet sans limite prédéfinie dans l’étendue du champ des donnés traités même si le format du modèle de données est fixe. Le catalogue électronique répond à autant de définitions que d’usages possibles. Les applications sont nombreuses pour les hôpitaux qui peuvent alimenter leur système d’information avec des spécifications techniques pouvant intéresser les achats, la logistique ou la finance mais aussi la pharmacologie, la matériaux-vigilance ou l’offre de soin etc.

PEPPOL n’impose pas un système de données.
PEPPOL, a pour principal objectif d’étendre l’interopérabilité en Europe en développant la conformité des infrastructures et des données avec les standards internationaux largement reconnus, ceux du CEN (3) et de l’UN/CEFACT (4) pour les transactions, UBL (5) et UN/CEFACT pour la syntaxe des messages e-procurement. Sur le contenu des messages et notamment les messages e-catalogue, PEPPOL n’impose rien si ce n’est la conformité sémantique et syntaxique. La responsabilité du contenu incombe aux partenaires commerciaux qui définissent eux-mêmes leur système de données, en considérant d’abord les données utiles pour les transactions. Le contenu des transactions dépend donc à la fois du secteur, du domaine, du contexte et de la complexité du système de données. Dans le secteur de la santé et le domaine médical, l’exigence de conformité est grande en matière de données. Notamment parce que les enjeux de santé publique, comme le risque sanitaire dans l’alimentaire, est une préoccupation permanente. Cette liberté dans le choix du contenu a permis d’intégrer dans le catalogue PEPPOL une intelligence de la donnée allant bien au-delà de la proposition initiale, de travailler sur un modèle de données AUREA (6) et PHARMATIC (7) conforme aux attentes des CHU et intégrant, à la demande des fournisseurs, la conformité avec le référentiel GS1 (8).

La qualité des données conditionne la qualité de l’approvisionnement.
Cette vision nous la devons en grande partie aux CHUs qui engagés dans la voie de l’e-procurement depuis 2005 savent bien que toute rupture dans la chaîne de dématérialisation est coûteuse et préjudiciable à la qualité globale des processus. Le passage à la dématérialisation des factures est d’ailleurs largement simplifié à partir du moment où un système de données optimal en amont permet un traitement adéquat sans nouvelle saisie et risque d’erreur.Parce que les efforts de qualité sur les données ont un impact sur l’ensemble de la chaîne d’approvisionnement, la priorité a été donnée au catalogue électronique qui permet d’en assurer un contrôle permanent.

La France peut-elle proposer avec PEPPOL un standard e-catalogue pour les données de santé au niveau européen ?

Plusieurs raisons participent à cette ambition. Au sein du consortium PEPPOL aucun pays n’a contribué au sujet des achats hospitaliers autant que la France qui, en la matière, a toute légitimité à faire valoir son point de vue. L’offre de soin, quelque soit le pays concerné en Europe, répond à un niveau d’exigence équivalent à celui de la France. Une approche centrée sur la « donnée » répondant à la conformité des standards Internationaux affranchit plus facilement des barrières linguistiques et des questions de territorialisation, laissant entrevoir une généralisation possible du modèle à toute l’Europe.

Thierry AMADIEU
Responsable des pilotes PEPPOL

(1) L’exécution débute à la notification des lots au soumissionnaire pour se terminer à la fin de la période contractuelle et intéresse l’ensemble du cycle de commande-facture et livraison. Elle correspond à la notion de « post-award »pour PEPPOL, littéralement post attribution.

(2) La passation correspond à la procédure d’appel d’offres et à la notion de « pre-award » pour PEPPOL

(3) CEN « centre européen de normalisation » - le CEN définit des profils de transactions dans le cadre d’une norme CEN-BII « business interoperability interface » couvrant toutes les phases de l’e-procurement

(4) UN/CEFACT organisme de normalisation rattaché à l’organisation des Nations Unies qui participe avec le CEN aux développements de standards

(5) UBL - Universal Business langage norme XML supporté par l’organisation OASIS



(6) AUREA est le nom de l'initiative e-procurement des CHU

(7) PHARMATIC est un éditeur présent dans le monde pharmaceutique et hospitalier.

(8) GS1 est un organisme international à but non lucratif qui développe des standards dans la gestion des données produits

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