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Tag - facturation électronique

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mardi, octobre 13 2020

Comment la France opte pour la facturation électronique B2B et l'e-Reporting de la TVA ? (5ème partie)

B2B

Le modèle eReporting distribué et régulé, un exemple avec PEPPOL CTC

Dans le précédent billet, nous avons évoqué la possibilité d’un modèle mixte alliant plate-forme centrale et modèle distribué où les opérateurs joueraient le rôle de transmetteur de données fiscales. Ce modèle présente plusieurs avantages, plus grande résilience, flexibilité, montée en charge facilitée, respect de la concurrence. PEPPOL, initiative européenne visant à développer la facturation électronique en Europe n’est pas en reste sur ce dossier et a aussi dans ses cartons un modèle de clearance pour le TVA.
Petit rappel : PEPPOL est créé en 2007 à l’initiative de la Commission Européenne pour faciliter les échanges électroniques et préparer la directive eInvoicing de 2015. Dans ce but, il est prévu qu’une infrastructure de réseau facilement implémentable et déployable par les Etats Membres pour faciliter les échanges électroniques avec leurs services publics. PEPPOL a depuis essaimé en Europe (L’Europe du Nord majoritairement, L’Italie, la Pologne, l’Allemagne ont choisi PEPPOL pour desservir leurs secteurs publics) et récemment hors de l'Europe, en Australie, Nouvelle Zélande et Singapour. PEPPOL est un modèle ouvert similaire au modèle d’itinérance (roaming) des opérateurs téléphoniques reposant sur une infrastructure de transmission constituées de plus de 300 points d'accès connectés à Internet. De ce fait, on peut dire que PEPPOL est le premier cloud de facturation en Europe. C’est un système appelé 4 coins car il désigne le nombre d’intervenants dans une transaction, typiquement un couple (fournisseur) associé à un point d'accès émetteur ; un couple destinataire de facture associé à un point d'accès récepteur. Pour faciliter la recherche dans le réseau, un annuaire électronique SML (Service Metadata Locator) centralise toutes les entités enregistrées et comme un DNS, permet de localiser le destinataire dans le réseau via un interrogateur SMP (Service Metadata Publisher) intégré aux points d’accès. Avec l'autorité fiscale, le modèle PEPPOL CTC (Continuous Transaction Control) ajoute une cinquième partie-prenante dans la boucle quatre coins. Ce modèle prévoit ainsi plusieurs possibilités de délégation (delegated control) en fonction du modèle clearance ou eReporting choisi par le Pays. Ainsi dans le schéma ci-dessous, il est prévu que le e-Reporting de C1 et C4 puisse se faire via les points d’accès PEPPOL, ici C2 transmet la facture à C3 ; C2 et C3 envoient les données fiscales à C5 représentant l’autorité fiscale qui reçoit des données.

PEPPOL_CTC_delegated_clearance.JPG
Il est important de noter que le modèle PEPPOL CTC n'est pas exclusif et peut coexister avec d'autres réseaux à valeur ajoutée (très peu d’opérateurs de services sont exclusivement PEPPOL et gèrent les communications avec d’autres réseaux ou en interopérabilité avec d’autres opérateurs.

La France devrait disposer d’un annuaire électronique et d’une autorité PEPPOL

Le déploiement d’une infrastructure réseau reposant sur un modèle e-Reporting CTC pourrait être facilité par un système d’adressage tel que celui de PEPPOL. En effet, un système e-Reporting impliquant plusieurs niveaux d’interactions entre les acteurs ne devrait pouvoir raisonnablement reposer sur les emails et les messageries électroniques. Il faudrait pouvoir disposer d’un annuaire centralisé tel que Chorus Pro, permettant la recherche et l’identification sure des acheteurs, de leurs moyens de réception de facture et les types de messages acceptés, factures, commande, réponse facture etc. Ce service devrait idéalement être couplé à un service de métadonnées permettant l’intermédiation électronique des acteurs. L’annuaire PEPPOL est couplé à un service de métadonnées SMP/SML permettant l’adressage et le routage automatique des messages via le réseau (dans PEPPOL tout émetteur ou destinataire de facture est enregistré au moyen d’un identifiant de réseau unique).

Finalement, ce qui est important en France serait de disposer d’une autorité PEPPOL qui puisse être régulateur de réseau, décider des règles qui puissent être imposées à l’ensemble des acteurs y compris les fournisseurs étrangers, définir le contenu des messages et des informations publiées.

mardi, avril 7 2020

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TransfoDigitale

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jeudi, septembre 10 2015

Chine, le grand bond en avant de la facture électronique

Chine


Le programme pilote d'e-facturation a été lancé en Chine en 2013. Son originalité tient en grande partie au fait qu'il intéresse d’abord les échanges B2C, s’appuyant sur les ventes en ligne de deux sites de web marchands, il vise à l'extension aux transactions B2B pour l'ensemble des assujettis.

Deux ans plus tard les retombées du pilote sont là et le paysage de la facturation électronique devient beaucoup plus claire pour Yinghan Miao de Trustweaver. Il est évident que la facturation électronique en Chine représente un marché considérable, à la fois géographique et économique. Par exemple à la fin du 1er trimestre 2015, le montant total des factures B2C émises pour la région de Pékin représentait 64 millions de facture.

À compter du 1er Août, 2015, tous les assujettis à la TVA inclus dans le pilote dans les villes de Pékin, Shanghai, la province du Zhejiang et la ville de Shenzhen doivent commencer à utiliser un système de facturation électronique standardisé après mise à niveau de leurs systèmes . Le Bureau national des impôts a publié une recommandation décrivant les modalités de connexion entre les parties.

En Chine, le régime fiscal repose sur la déclaration préalable de la taxe (tax clearance) contrairement à la France ou la taxe est exigible généralement sur les encaissements (ou sur les débits) . Ainsi, avant d’émettre une facture électronique, le système attribue des numéros séquentiels de facture à chaque contribuable. Le contribuable extrait ensuite les données facture de son système ERP, la facture est signée électroniquement. Pendant ce temps, les données de la facture sont envoyées au centre de traitement des données comptables de l’autorité fiscale par l’intermédiaire du disque dur de contrôle certifié installé dans les locaux du contribuable.

mardi, septembre 23 2014

Au Mexique, la facturation électronique obligatoire pourrait constituer la parade contre la fraude

mexique

Le site de l’administration fiscale Mexicaine (1) prévient les entreprises "A compter du 1er avril 2014, le seul moyen valide de vérification fiscale est la facturation électronique"; ajoutant que le service de facture électronique (CFDI) est gratuit. En rendant obligatoire la facture électronique, l’autorité fiscale retire au fournisseur le droit de générer lui-même sa facture, s’il n’a pas préalablement téléchargé un récépissé fiscal signé électroniquement. Par ce dispositif, l’administration fiscale mexicaine rend obligatoire la déclaration préalable, un moyen habile et efficace de lutte contre la fraude.


Obligatoire pour les entreprises réalisant un chiffre de plus de 250 000 pesos (20 000 USD) la facture dématérialisée doit obligatoirement être accompagnée d’un récépissé fiscal CFDI (Comprodentes fiscales digitales por Internet) lui-même assorti d’un cachet électronique apposé à l’aide d’un certificat électronique CSD (Certificado de Sello Digital) émis par l’administration fiscale.

Tout cela pourrait paraître bien compliqué, s’il ne s’agissait avant tout d’authentifier la transaction par un cachet fiscal dont l’opposabilité « de jure » est fondée sur l’émission d’un certificat CSD contresigné par l’entreprise . Cette contre-signature est apposée en téléchargeant l’application SOLCEDI (Solicitud de certificado Digital) permettant de générer une signature électronique avancée FIEL (firma electronica avanzada) sur le récépissé fiscal.

Le traitement de la facture s’effectuera gratuitement par l’intermédiaire d’un prestataire (2) de validation. Le rôle du prestataire est d’opérer la validation technique du document, de vérifier que le CFDI correspond bien au CSD délivré par l’autorité et authentifiant l’entreprise pour finalement délivrer un récépissé fiscal (ou cachet). L’émetteur devra d'autre part disposer d’un archivage électronique permettant de conserver les CFDI au format XML et le cachet fiscal électronique sur son système pour une période minimale de 5 ans.

Le CFDI se compose d’un fichier primaire XML et d’un PDF généré automatiquement à partir du fichier primaire. Ce PDF devra être imprimé et joint obligatoirement au bordereau d’expédition des marchandises conformément à l’article 29a du code fiscal (Código Fiscal). Il fera figurer le code-barre (ou 2 D ?) comportant le numéro de série du CSD, une légende indiquant que c’est une représentation imprimée du récépissé fiscal électronique avec l’heure et la date d’émission.

La facture comportera un certain nombre de champs obligatoires. Si l’entreprise possède plus d’un établissement, l’adresse de celui ayant émis la facture devra figurer. Les éléments optionnels de nature non fiscale (informations commerciales) sont placées dans la section « Addenda » seulement après validation par les services fiscaux. Les informations complémentaires de type sectoriel (automobile, grande distribution etc.) seront spécifiées par la balise <complemento>. Le logiciel ou l’ERP du fournisseur devra intégrer les pré-requis techniques prévu à l’annexe technique 20 (3) , prévoir une extraction de données en vue d’une transformation du fichier au format XML 3.2. Il est dommage que le choix de format ne repose pas sur un standard international reconnu tel qu'UBL ou UN/CEFACT ce qui impose au fournisseur un "mapping" préalable des données et un travail d'intégration supplémentaire pour générer ce format. Il est à noté que les spécifications fonctionnelles attendues du prestataire portent à minima sur les aspects suivants :

  • La validation technique des CFDI (4)
  • Le traitement unitaire des CFDI hors « addenda » et « complemento »
  • l'acceptation des certificats CSD
  • la génération du document CFDI conformément à l’annexe 20 technique
  • la validation technique et la certification du document CFDI
  • la possibilité de consultation, de conservation, d’impression des CFDI durant 3 mois
  • l'envoi immédiat d'une copie du CFDI validé à l’administration fiscale

En conclusion, le dispositif mis en place par l’autorité fiscale mexicaine semble constituer une solution originale de parade contre la fraude en délivrant un cachet fiscal validant la facture avant même que celle-ci soit émise par le fournisseur. En découplant le traitement fiscal du processus de facturation, le dispositif stigmatise les deux statuts de la facture, celui d’original fiscal et celui de document commercial. Dissocier les deux, permettrait d’envisager un traitement différencié, comme la possibilité de capture de la TVA à la source.
Plusieurs remarques toutefois sur les inconvénients possibles du système. L’emploi systématique de la signature électronique, sujet amplement débattu, risque d’alourdir le traitement. La spécification technique prévoit un traitement unitaire des factures mais qu'en est-il d’un lot de factures ou d’une séquence de factures (traitement batch) ? Si une modification intervient sur la facture, l’annulation de cette dernière pour en émettre une nouvelle, semble plus délicate avec un tel processus ; la question des avoirs ne semble pas évoquée non plus. Certains fournisseurs ou secteur d’activité peuvent exiger l’ajout d’informations contextuelles et devront le faire en « addenda » après-coup, ce qui nécessite une réinjection de la facture après traitement fiscal dans l’ERP du fournisseur. Malgré ces inconvénients, la piste semble prometteuse et mériterait d’être examinée avec plus d’attention au niveau européen dans le contexte d’une nouvelle norme sur la facture électronique.

(1) Servicio de administracion tributaria (SAT) [http://www.sat.gob.mx/]
(2) A ce jour 67 PAC (Proveedores Autorizados de Certificacion) ont été référencés
(3) Annexo 20 de la ley del ISR

(4) Portail de vérification des CFDI [https://verificacfdi.facturaelectronica.sat.gob.mx/ ]

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