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Tag - facturation électronique

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jeudi, juillet 3 2014

La facturation électronique des marchés publics devient obligatoire en 2017

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Par décision du Conseil des ministres du 26 juin l’ordonnance relative au développement de la facturation électronique est adoptée. Le Parlement dispose de 5 mois pour ratifier cette mesure qui rend la facture électronique obligatoire pour l’ensemble du secteur public et un déploiement cadencé pour l’ensemble des entreprises du 1er janvier 2017 au 1er janvier 2020. Il faudra attendre encore quelques mois le décret d’application.

Depuis la publication au Journal Officiel le 3 janvier dernier de la loi d’habilitation portant sur la simplification de la vie des entreprises, l’Agence Informatique des Finances de l’Etat (AIFE) a promptement œuvré à faire de cette ordonnance une réalité. Il faut dire que le délai imparti était très court, un peu moins de six mois, un véritable TGV législatif. La concertation avec les instances représentant les collectivités, l’Association des Maires de France (AMF) et des Régions de France (ARF) n’a pas soulevé de problème non plus pour déboucher finalement sur un consensus.

Il est vrai que c’est une petite révolution pour le secteur public qui touché dans son ensemble, soit environ 78 000 collectivités n’aura d’autre choix que d’accepter la facture électronique à compter du 1er janvier 2017. L’article 3 de l’ordonnance dispose que le dispositif s’applique à toutes les factures émises dans le cadre de contrats en cours à la date d’entrée en vigueur et selon un planning de mise en œuvre s’étalant du 1er janvier 2017 pour les grandes entreprises au 1er janvier 2020 pour les TPE.

Pour simplifier la mise en œuvre et les difficultés rencontrées par les entreprises avec la multiplicité des plates-formes de marchés, l’article 2 prévoit le recours à une solution mutualisée mise en place par l’Etat sous la forme d’un « portail de facturation ». Fort de son expérience, l’AIFE qui a conçu et exploite le portail CHORUS facture de l’Etat depuis le 1er janvier 2012 (*) est tout à fait logiquement désignée maître d’œuvre de la solution. Avec un volume annuel de 95 millions de factures pour l’ensemble du secteur public (l’Etat à lui seul ne représentant, toute proportion gardée, que 4 millions de factures) le défi est de taille avec des effets d’échelle encore difficilement mesurables.

La loi de simplification mettait en avant les avantages pour les entreprises d’une facturation électronique des marchés autorisant une meilleure traçabilité des paiements et au final une sécurisation de la trésorerie de l’entreprises. L’argument sera-t- il suffisant pour faire basculer un pan entier de l’économie dans la dématérialisation ? En l’imposant à tout le secteur public, l’Etat veut faire de la facture électronique, véritable locomotive de la dématérialisation, un levier de transformation et de modernisation de l’action publique. Les défis techniques sont à la mesure de cet enjeu…à suivre.

(*) La loi LME N°2008-776 de modernisation de l’économie du 4 août 2008 impose à l’Etat d’accepter les factures électroniques à compter du 1er janvier 2012

vendredi, décembre 20 2013

La loi d’habilitation ouvre la voie à la facture électronique pour l'Etat et les collectivités

eInvoice
La loi d’habilitation votée par l’Assemblée Nationale le 4 octobre dernier permet aux autorités administratives de prendre par voie d’ordonnance toutes dispositions visant à la simplification ou à la sécurisation de la vie des entreprises. Au nombre des mesures phares adoptées, la possibilité donnée à ces dernières de rendre obligatoire la facture électronique pour toutes les entreprises ou certaines d’entre-elles.
Ce vote du parlement s’inscrit dans la continuité des décisions du comité interministériel pour la modernisation de l’action publique du 17 juillet qui a précisé les mesures de simplification en faveur des entreprises. L’article 1er 2è alinéa de la loi d'habilitation (*) désigne la facturation électronique comme l’une des mesures envisagées et précise les conditions dans lesquelles cette ordonnance qui verra le jour très probablement courant de l’année 2014 s'appliquera : permettre le développement de la facturation électronique dans les relations de l’État, des collectivités territoriales et de leurs établissements publics avec leurs fournisseurs, par l’institution d’une obligation, applicable aux contrats en cours, de transmission dématérialisée des factures pour toutes les entreprises ou certaines d’entre elles.Le législateur a pris le soin d’ajouter cette dernière précision pour indiquer que cette mesure ne pourra constituer une obligation pour l’ensemble des opérateurs économiques sans concertation préalable et une possible mise en œuvre graduelle. Il est prévu aussi que ce changement de mode de facturation puisse intervenir en cours de marché et s’appliquer ainsi à l’ensemble des contrats en cours.

Le projet de loi souligne par ailleurs les avantages qu'en retireront les entreprises. Outre les gains de temps et de coûts d’envoi postal permis par la transmission électronique des factures, la dématérialisation de celles-ci est un gage de fiabilité et de sécurité pour les entreprises, en offrant de nouveaux services, telle la possibilité de suivi en ligne de l’état de traitement des factures émises.

Rappelons que la loi de modernisation de l’économie (LME) du 4 août 2008 prévoyait déjà dans son article 25 que dès le 1er janvier 2012, l’Etat et les collectivités territoriales qui le souhaitent puissent accepter les factures émises par leurs fournisseurs sous forme dématérialisée. Les modalités étant fixées par décret du Conseil d’Etat. C’est le caractère obligatoire qui jusqu’alors faisait défaut.

Le volume de factures reçues annuellement par l’Etat Français s’élève à 4 millions avec près de 60% de factures d’un montant inférieur à 300€ contribuant à seulement 0,6% des dépenses de l’Etat mais constituant le gros de la charge administrative de traitement. C’est dire si la mesure de simplification présente aussi un intérêt pour l’Etat.

(*) texte de loi d'habilitation du 1er octobre 2013

mercredi, octobre 30 2013

Une norme commune pour l’Union en matière de facturation électronique

europe

La Commission européenne veut faire des marchés publics le moteur de la facture électronique en Europe. Elle fixe le cap pour 2016 avec un projet de directive préparant le déploiement de la facture électronique. Elle veut imposer une norme européenne qui permettra de surmonter le défaut d’interopérabilité due à la grande hétérogénéité des standards de facturation électronique et constituant une entrave au développement du marché intérieur.


La Commission européenne a adopté le 26 Juin 2013, une communication dont l’ambition est de faire de la passation électronique de bout en bout des marchés publics, un moyen de modernisation de l’administration publique. Le point 5.1 de cette communication aborde la question de la facturation électronique en indiquant qu'elle doit devenir la règle plutôt que l’exception dans le cadre des marchés publics. Le projet de directive e-Invoicing (*) qui en découle se résume à deux points :

  1. Pour éliminer les problématiques d’interopérabilité entre les dispositifs nationaux, il est proposé de confier au CEN (1) la mission d’élaborer un nouveau standard normalisant les informations contenues dans la facture,
  2. Faire obligation aux Etats membre d’accepter les factures respectant cette norme avec une entrée en vigueur à la date butoir fixée par les obligations des Directives marchés.

En rendant obligatoire la facture électronique pour le secteur public, la Commission a l’ambition que les marchés publics entrainent d’autres secteurs à recourir à la facture électronique et notamment dans les échanges B2B.

« La mise en œuvre d’une initiative visant à libérer la facturation électronique, dans le cadre des marchés publics, de toute entrave à l’accès au marché ouvrirait la voie à une plus grande utilisation de celle-ci dans l'économie et ferait du secteur public un «marché pilote» dans ce domaine. »


La Commission constate l’hétérogénéité des normes en usage au niveau mondial, national ou sectoriel et le plus souvent propriétaires sans qu'aucune de ces normes ne prévale réellement (article 1). Dans ce contexte, il est donc nécessaire si l’on souhaite mettre en échec ce défaut d’interopérabilité des systèmes de dématérialisation de définir une norme qui soit commune à toute l’Europe. C’est une mesure de bon sens et d’économie. A défaut d’une décision de l’Union en la matière, le développement de la dématérialisation pourrait s’avérer coûteux et risqué pour tout le monde.

« la multiplicité des normes, leur abscence d’interopérabilité se traduisent par une complexité excessive, une insécurité juridique et des coûts de fonctionnement supplémentaires ».


La Commission joue son rôle d’arbitre impartial en imposant une norme européenne

En arrière plan la Commission Européenne fait valoir que cet obstacle technique majeur constitue une entrave au développement du commerce au sein du marché intérieur poussant la facture électronique à être confinée à des pratiques ne dépassant pas le cadre des frontières nationales de chaque Etat membre. Dans ce contexte, toute disposition prise unilatéralement ne ferait qu’aggraver le problème de l’interopérabilité qui devient avec le temps plus coûteux et complexe à résoudre. Puisque toute mesure prise à une échelle locale s’avérerait in fine inapte à garantir cette objectif d’interopérabilité transfrontière, seule l’Union au nom du principe de subsidiarité et en vertue de l’article 114 TFUE (2) de l’Europe est en droit de jouer un rôle « d’arbitre impartial » sur la question de l’interopérabilité, de se doter de ses propres moyens et de recommander la meilleure approche pour éliminer toutes entraves au marché intérieur.

Cette norme devrait remédier à la grande fragmentation des systèmes de facturation électroniques avec un objectif final, faire obligation aux pouvoirs adjudicateurs de recevoir les factures électroniques respectant cette norme.

En conséquence la Commission donne mandat au CEN compétent en la matière, pour définir une norme qui soit techniquement neutre (article 6) « afin d’éviter toute distorsion de la concurrence ». Cette norme dépassant la question des standards veut que l'on s’accorde sur un contenu commun à tous les systèmes de facturation en Europe en s’appuyant notamment sur un corps sémantique unique pour l’ensemble des Etats membres de l’Union. Le but de cette interopérabilité sémantique (article 11) est de permettre un traitement uniforme et surtout une interprétation univoque des données par tous les systèmes d’informations.

Cette norme devrait s’inscrire dans le prolongement des travaux du MUG (CWA 16356) sur le modèle de données ‘cross industry invoice’ CII V2.0 et de l’UN/CEFACT ; les travaux du CEN /BII (CWA 16562) définissant les profils utilisés pour l’e-Procurement dans le cadre de l’exécution post-attribution des marchés (catalogue, commande et facture) et sur lesquels PEPPOL fonde son modèle d’implémentation et finalement ceux de l’ISO avec le standard ISO 20022 retenu par les opérateurs bancaires pour les paiements.

En conclusion, si l’on considère l’ensemble des conditions nécessaires à l’interopérabilité, il en est une qui vient immédiatement à l‘esprit mais qui n’est pas abordée par le projet de directive, c’est la question l’interopérabilité des opérateurs de service de dématérialisation. A quelle condition cette interopérabilité du marché et ce qui va avec, c'est-à-dire la liberté de choix des opérateurs fondement d’une concurrence pure et parfaite est possible ? Ce sera l’objet d’un prochain article.

(*) facture électronique


(1) Le CEN « Centre Européen de Normalisation » élabore des spécification techniques, notamment les CWA 16356 résultant des travaux du MUG sur l’interopérabilité et CWA 16562 avec les travaux du CEN/BII « Business Interoperability Interface » concernant les profils pour l’e-Procurement sur lesquels PEPPOL fonde son modèle d’implémentation.

(2) Selon l’article 114 TFUE, toute disposition législative, règlementaire et administrative visant au rapprochement des législations des États membres est prise en vertu de la procédure législative ordinaire et après consultation du Comité économique et social.

(3) PEPPOL « Pan European Public Procurement Online » - Open PEPPOL AISBL www.peppol.eu

mercredi, octobre 16 2013

La Pologne fait de PEPPOL l’un des piliers de sa stratégie de déploiement de la facture électronique

Polish Ministry of Economy

A l’occasion du forum EXPP qui s’est tenu à Varsovie le 23 septembre dernier, Sébastian Christow, Directeur de l’économie numérique auprès du Ministère de l’Economie Polonais a déclaré que la stratégie de déploiement de la facture électronique en Pologne reposait sur PEPPOL.

" Les spécifications techniques définies par PEPPOL et largement utilisées en Europe pour traiter l'interopérabilité des marchés publics électroniques peuvent être considéré comme le standard « de facto » dans ce domaine. La compétitivité de nos entreprises est une priorité nationale et nous pensons qu’Open PEPPOL est le choix naturel pour l’intégration numérique européenne de la Pologne dans la facture électronique et l’ensemble de l’ e-Procurement » S'appuyant sur l’expérience de pays comme la Norvège, « qui ont su prouver par le volume de transactions atteint que nous avons pris la bonne décision sans avoir à réinventé une nouvelle norme " déclare t-il.

En annonçant l'adoption de PEPPOL pour la facturation électronique après la Norvège, le Danemark, la Suède, la France, l'Italie , l'Autriche, l'Irlande et d'autres pays qui mettent actuellement en œuvre les spécifications PEPPOL , la Pologne est le dernier Etat membre à rejoindre la communauté PEPPOL.


Lire la suite de l'article sur PEPPOL.eu

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